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page
68
(
artabsolument
)
no 3 • hiver 2003
Rencontre
Djamel Tatah
Une figuration abstraite
À la représentation de la figure humaine, laquelle peuple ses peintures, Djamel Tatah accorde
une totale exclusivité, en quête d’une forme de pensée du monde nourrie du principe de soli-
tude. Rencontre de Philippe Piguet avec un artiste exigeant et généreux.
Philippe Piguet : Des figures isolées sur fond
monochrome, l’absence quasi totale d’acces-
soires et cette sorte de platitude insensée de
la peinture : tout semble orchestrer dans
votre travail pour faire l’éloge du vide.
Djamel Tatah : La question du vide est évidem-
ment présente dansmon travail. Je commence
toujours un tableau par la figure, le visage.
Puis je dépose une couche de couleur autour.
Puis à nouveau la figure, puis à nouveau l'es-
pace autour, etc. C'est un dialogue constant. La
dernière couche est toujours pour l'espace,
lorsque le corps a trouvé sa place. Le vide est
rendu visible par le tableau. Les figures vien-
nent à celui qui regarde le tableau, c’est le vide
qui les ramène. L’espace vide donne la lumière
du tableau, sa lumière intérieure.
Philippe Piguet : La notion de vide sous-tend
celle de vanité. Existe-t-il dans votre esprit une
quelconque corrélation entre ces deux termes?
Djamel Tatah : Non, pas du tout. L’intérêt que
je porte à la solitude et au vide repose sur un
positionnement, sur un regard sur le monde.
Je veux dire que l’on naît seul, que l’on meurt
seul et que, dans cet espace-temps, il y a une
expérience qui se joue. La solitude est active,
chacun la porte en soi, portant sa propre
recherche. Elle n’est ni pauvre, ni pathétique.
Philippe Piguet : La solitude, c’est faire
l’éloge du retrait ?
Djamel Tatah : Non. C’est tout simplement
résister au trop-plein du monde afin de réus-
sir à se libérer de ses artifices. Il s’agit de
vivre la solitude le plus librement possible.
Philippe Piguet : Un accrochage délibéré-
ment bas comme pour mieux inviter le regar-
deur à entrer dans le tableau, un mélange
d’huile et de cire comme pour mieux insister
sur l’idée d’arrêt sur image, des toiles mono-
chromes comme autant de rideaux devant
Vue de l’exposition
Djamel Tatah
à la galerie
Liliane&Michel
Durant-Dessert
2001
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